Vu par Patrick Poivre d’Arvor, écrivain, journaliste
Il n’est à mes yeux pas de mot plus sensuel que celui de désirer. Je ne partage ni le point de vue de Voltaire dans Zaïre : « On ne peut désirer ce qu’on ne connaît pas », ni celui de Marivaux dans Les Caprices de Marianne : « C’est un vilain amant qu’un homme qui vous désire plus qu’il ne vous aime ». Piètre amoureux, certes, mais vilain amant, non. Désirer, c’est rêver, c’est fantasmer, c’est se débarrasser de toute idée d’appartenance, c’est obtenir par procuration. Désirs d’avenir, nous disait une jolie femme il n’y a pas si longtemps… Il n’y a pas d’avenir sans désir parce que c’est l’idée même de désirer la vie qui permet de se lever le matin et de croire en des ailleurs éblouissants.